SOURATE AL ISRA

17. Sourate du Voyage nocturne (Al-Isrâ’)
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.
[1] Gloire à Celui qui fit voyager de nuit Son Serviteur de la Mosquée
sacrée à la Mosquée la plus éloignée dont Nous avons béni les alentours,
afin de lui faire découvrir certains de Nos signes ! Dieu est, en vérité,
l’Audient et le Clairvoyant.
[2] Nous avions donné à Moïse l’Écriture dont Nous avions fait un guide
pour les enfants d’Israël, en leur prescrivant : « Ne prenez pas de
protecteur en dehors de Moi, [3] ô vous, les descendants de ceux que Nous
avions portés sur l’arche avec Noé, car celui-ci fut un serviteur plein de
reconnaissance ! » [4] Et Nous avions décrété dans le Livre pour les fils
d’Israël : « En vérité, vous sèmerez, par deux fois, la corruption sur la
Terre et vous ferez montre d’une arrogance extrême. » [5] Et lorsque
échut le terme de la première des deux prédictions, Nous envoyâmes
contre vous certains de Nos serviteurs doués d’une force inouïe, qui
envahirent les demeures. C’est ainsi que la première prédiction fut
accomplie. [6] Puis Nous vous donnâmes la revanche sur eux en
multipliant vos richesses et vos enfants et en vous donnant l’avantage du
nombre, [7] en vous disant : « Si vous faites le bien, vous le ferez pour
vous-mêmes ; si vous faites le mal, vous le ferez à vos dépens. » Et
lorsqu’échut le terme de la seconde prédiction, c’était pour permettre à
vos ennemis de vous accabler de malheurs, de profaner votre temple
comme ils l’avaient fait la première fois et de tout détruire sur leur
passage.
[8] Il se peut que votre Seigneur vous fasse miséricorde. Mais si vous
récidivez, Nous reviendrons à la charge. Nous avons fait de la Géhenne un
lieu de détention pour les infidèles. [9] En vérité, ce Coran conduit vers la
voie la plus droite ; et annonce à ceux qui croient et font le bien qu’ils
auront une belle récompense, [10] et à ceux qui ne croient pas à la vie
future qu’un affreux supplice les attend. [11] L’homme appelle de ses
vœux le mal comme il appelle le bien, car l’homme, par nature, est
toujours pressé. [12] Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes de
Notre puissance. Nous avons effacé le signe de la nuit, et Nous avons
rendu visible celui du jour pour vous permettre de rechercher les bienfaits
de votre Seigneur, et de connaître le nombre des ans et le calcul du temps.
Nous avons exposé toute chose dans ses moindres détails. [13] Nous
avons rendu tout homme responsable de sa destinée et, le Jour de la
Résurrection, Nous lui présenterons un livre qui sera, sous ses yeux, étalé.
[14] « Lis ton livre ! Aujourd’hui, tu seras seul à te demander des
comptes. » [15] Quiconque suit le droit chemin le suit dans son propre
intérêt et quiconque s’égare ne s’égare qu’à son propre détriment. Nul
n’aura à assumer les péchés d’autrui. Nous n’avons jamais sévi contre un
peuple, avant de lui avoir envoyé un messager. [16] Et lorsque Nous
décidons d’anéantir une cité, Nous ordonnons à ses habitants les plus
opulents d’obéir, mais ils s’y comportent en scélérats. C’est alors que
Notre arrêt se trouve justifié et que Nous la détruisons de fond en comble.
[17] Que de générations n’avons-Nous pas exterminées depuis Noé ! Il
n’est que ton Seigneur pour être parfaitement au courant des péchés de
Ses créatures.
[18] À celui qui désire la vie immédiate Nous Nous empressons d’en
accorder ce que Nous voulons à qui Nous voulons. Puis Nous le vouons à
la Géhenne, dont il aura à subir l’ardeur, couvert d’opprobres et réprouvé.
[19] Ceux qui recherchent la vie future et qui font l’effort nécessaire pour
la mériter, tout en étant croyants, ceux-là verront leur zèle récompensé.
[20] Nous accordons abondamment Nos bienfaits aux uns et aux autres,
sans que personne n’en soit exclu. [21] Considère comment Nous
avantageons les uns par rapport aux autres. Mais les différences seront
bien plus grandes et les privilèges bien plus marqués encore dans la vie
future. [22] Ne prends donc aucune autre divinité à côté de Dieu, sans
quoi tu te trouveras honni et abandonné.
[23] Ton Seigneur t’ordonne de n’adorer que Lui, de traiter avec bonté ton
père et ta mère. Et si l’un d’eux ou tous les deux atteignent, auprès de toi,
un âge avancé, ne leur dis pas : « Fi ! » Ne leur manque pas de respect,
mais adresse-leur des paroles affectueuses ! [24] Et par miséricorde, fais
preuve à leur égard d’humilité et adresse à Dieu cette prière : « Seigneur !
Sois miséricordieux envers eux comme ils l’ont été envers moi, quand ils
m’ont élevé tout petit ! »
[25] Votre Seigneur est Celui qui connaît le mieux le fond de vos cœurs.
Si vous êtes justes, sachez qu’Il pardonne toujours aux repentants
sincères. [26] Donne à ton proche ce qui lui est dû, ainsi qu’au pauvre et
au voyageur ! Mais évite toute prodigalité, [27] car les prodigues sont
frères de Satan et Satan a été très ingrat envers son Seigneur.
[28] Et si tu ne peux venir à leur secours, étant toi-même dans l’attente de
la miséricorde de ton Seigneur, aie pour eux au moins un mot aimable !
[29] Ne tiens pas la main collée à ton cou par avarice, et ne donne pas non
plus à pleines mains, si tu ne veux pas être blâmé ni éprouver des regrets !
[30] En vérité, ton Seigneur comble qui Il veut de Ses bienfaits ou les
donne avec parcimonie. Il connaît si bien les hommes et Il lit parfaitement
dans leurs cœurs.
[31] Ne tuez pas vos enfants par crainte de la misère. C’est Nous qui leur
donnons de quoi vivre ainsi qu’à vous-mêmes, car les tuer est un crime
abominable. [32] N’approchez pas la fornication ! Cela est en vérité une
turpitude et une voie néfaste. [33] N’attentez pas à la vie de votre
semblable, que Dieu a rendue sacrée, à moins d’un motif légitime. Pour
quiconque serait injustement tué, Nous donnons à son ayant cause le droit
d’exiger réparation. Mais que ce dernier ne commette pas d’excès en
voulant venger la victime lui-même, car la loi est là pour l’assister.
[34] Ne touchez aux biens de l’orphelin que de la manière la plus
conforme à ses intérêts et ce, jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité. Soyez
fidèles à vos engagements, car vous aurez à en rendre compte.
[35] Donnez une juste mesure quand vous mesurez ; employez une
balance exacte quand vous pesez. C’est la meilleure manière d’agir et qui
aura pour vous les conséquences les plus heureuses. [36] N’affirme rien
dont tu ne sois sûr ! Car il sera demandé compte à l’homme de ce qu’il
aura fait de l’ouïe, de la vue et du cœur. [37] Ne marche pas avec faste sur
la terre, car jamais tu ne sauras la fendre ni te hausser au niveau des
montagnes. [38] Ce sont là autant d’actes répréhensibles que ton Seigneur
abhorre.
[39] Tout cela fait partie des principes de la sagesse que le Seigneur t’a
révélée. Ne place donc aucune autre divinité à côté de Dieu, sans quoi tu
serais jeté dans la Géhenne, honni et réprouvé. [40] Quoi ? Votre Seigneur
vous aurait-Il octroyé des fils et aurait-Il pris, pour Lui, des filles parmi les
anges ? Quel horrible blasphème dites-vous là ! [41] Nous avons eu beau
multiplier Nos enseignements dans ce Coran pour amener les hommes à
réfléchir, mais cela ne fait qu’aviver leur dissentiment.
[42] Dis-leur : « S’il y avait d’autres divinités que Lui, comme vous le
prétendez, celles-ci ne chercheraient-elles pas à Lui disputer Son
Trône ? » [43] Gloire à Lui, le Très-Haut ! Il est infiniment au-dessus de
leurs blasphèmes ! [44] Les sept Cieux, la Terre et tout ce qu’ils
renferment célèbrent le Nom du Seigneur, et il n’est rien dans la Création
qui ne proclame Sa gloire. Mais vous ne comprenez pas leur façon de
L’exalter. En vérité, Dieu est Plein de compassion et de mansuétude.
[45] Quand tu récites le Coran, Nous plaçons un rideau invisible entre toi
et ceux qui ne croient pas à la vie future. [46] Nous voilons leurs cœurs et
les rendons si durs d’oreille qu’ils ne peuvent rien en saisir. Et quand tu
évoques, dans le Coran, ton Seigneur, l’Unique, ils tournent le dos en
manifestant leur dissentiment. [47] Nous savons parfaitement quel but ils
poursuivent quand ils viennent t’écouter ou quand ils tiennent des
conciliabules au cours desquels les injustes, parmi eux, disent : « Vous ne
suivez là qu’un homme ensorcelé ! » [48] Observe ce à quoi ils te
comparent dans leur égarement et comment ils ont perdu tout contrôle sur
eux-mêmes ! [49] « Est-il possible, disent-ils, qu’une fois réduits en
ossements et en poussière nous puissions être appelés à une vie
nouvelle ? »
[50] Réponds-leur : « Oui, vous le serez ! Que vous soyez de pierre ou de
fer, [51] ou de toute autre matière que vous puissiez concevoir ! » –
« Mais qui nous fera revenir ? », rétorqueront-ils. Dis-leur : « Celui qui
vous a pour la première fois créés ! » Sceptiques, ils hocheront leurs têtes
et te diront : « Mais quand cela aura-t-il lieu ? » Réponds-leur : « Il se peut
que cela soit imminent. »
[52] Le jour où Dieu vous appellera, vous Lui répondrez aussitôt en Le
glorifiant, pensant n’être restés dans vos tombes que très peu de temps.
[53] Dis à Mes serviteurs d’employer dans leurs propos des mots
aimables, de peur que Satan ne sème entre eux la discorde, car Satan est
l’ennemi mortel de l’homme. [54] Votre Seigneur vous connaît mieux que
quiconque. Il vous fera miséricorde, s’Il veut ; ou, s’Il veut, vous punira.
Nous ne t’avons pas envoyé ô Prophète pour assurer leur protection.
[55] Ton Seigneur connaît mieux que quiconque ce que renferment les
Cieux et la Terre. Nous avons établi une hiérarchie entre les prophètes, et
donné à David des Psaumes. [56] Dis : « Invoquez ceux que vous
prétendez être des divinités en dehors de Dieu. Ils ne peuvent ni vous
guérir du mal ni vous en préserver. » [57] Or, ceux qu’ils invoquent
recherchent eux-mêmes à l’envi le moyen de se rapprocher le plus de leur
Seigneur, espérant Sa miséricorde et redoutant Son châtiment. En vérité,
le châtiment de ton Seigneur est redoutable. [58] Il n’est point de cité
injuste que Nous ne fassions périr, avant le Jour de la Résurrection, ou
dont Nous ne soumettions les habitants à de terribles châtiments, sans que
cela soit tracé dans le Livre de toute éternité.
[59] Rien ne Nous empêche d’envoyer des miracles, si ce n’est que les
anciens les avaient déjà traités de mensonges. Nous avions bien apporté
aux Thamûd la chamelle qui était un vrai miracle, mais ils la tuèrent
injustement. Du reste, Nous n’envoyons les miracles qu’à titre
d’avertissement. [60] Rappelle-toi que Nous n’avons cessé de te dire que
ton Seigneur contrôle souverainement les hommes. Quant à la vision que
Nous t’avons montrée, elle ne l’a été qu’à titre de tentation pour les
hommes, tout comme l’arbre maudit mentionné dans le Coran. Mais plus
Nous les menaçons, plus leur rébellion s’aggrave.
[61] Rappelle-toi que, lorsque Nous avions dit aux anges : « Prosternez-
vous devant Adam ! », ils se prosternèrent tous, à l’exception de Satan qui
dit : « Vais-je me prosterner devant celui que Tu as créé d’argile ? »
[62] « Vois-Tu cet être que Tu honores plus que moi ?, ajouta-t-il. Si Tu
reportes mon supplice jusqu’au Jour du Jugement dernier, je dominerai à
coup sûr toute sa progéniture, excepté un petit nombre d’entre eux ! »
[63] – « Va-t’en ! C’est reporté !, lui dit le Seigneur. La Géhenne sera une
ample rétribution pour toi et pour ceux qui te suivront de sa descendance !
[64] Ébranles-en qui tu pourras par ta voix ! Lance contre eux ta cavalerie
et ta piétaille ! Associe-toi à eux dans leurs biens et leur progéniture ! Fais
miroiter à leurs yeux tes promesses ! Mais les promesses du Diable ne
sont que des chimères ! [65] Cependant, tu n’auras aucun pouvoir sur Mes
fidèles serviteurs, car ton Seigneur leur suffira comme Protecteur. »
[66] C’est votre Seigneur qui fait voguer pour vous le vaisseau sur la mer,
pour vous faire bénéficier de Ses largesses, car Il est Plein de miséricorde
à votre égard.
[67] Et si un danger vous menace en mer, vous ne trouverez plus trace de
ceux que vous invoquiez en dehors de Lui. Mais une fois qu’Il vous a
ramenés à terre sains et saufs, vous vous détournez aussitôt de Lui, car
l’homme a toujours été ingrat. [68] Êtes-vous sûrs que Dieu ne vous fera
pas engloutir par un pan de terre ou qu’Il ne déchaînera pas contre vous
une tempête de pierres, sans nul espoir de secours ? [69] Ou bien êtes-
vous sûrs qu’Il ne vous ramènera pas une deuxième fois en mer, qu’Il n’y
soulèvera pas une tempête furieuse et qu’Il ne vous fera pas engloutir pour
prix de votre impiété, sans que vous puissiez exercer contre Nous aucun
recours ?
[70] Certes, Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous les avons portés sur
terre et sur mer. Nous leur avons procuré d’agréables nourritures. Nous
leur avons donné la préférence sur beaucoup d’autres de Nos créatures.
[71] Le jour où, par la voix de leurs chefs, Nous ferons comparaître tous
les groupements humains, ceux auxquels sera remis leur bilan dans la
main droite en prendront connaissance avec plaisir et ne seront même pas
lésés d’un fil ; [72] mais quiconque aura été aveugle ici-bas le sera
également dans l’au-delà, et il y perdra encore davantage sa voie.
[73] Il s’en est fallu de peu que leur tentation ne te fît abandonner ce que
Nous t’avons révélé, dans l’espoir de t’amener à forger de fausses
révélations et à Nous les imputer, moyennant quoi ils t’auraient adopté
pour ami intime. [74] Et si Nous ne t’avions pas apporté Notre soutien, tu
aurais failli leur faire un tant soit peu confiance. [75] Et Nous t’aurions
alors fait goûter le double des tourments de la vie et le double des
tourments de la mort, sans espoir pour toi de trouver contre Nous un
quelconque secours.
[76] Ils ont failli t’obliger à quitter le pays. Mais si tu l’avais quitté, ils n’y
seraient pas restés longtemps après toi, [77] conformément à Notre loi,
déjà connue de Nos prophètes avant toi et à laquelle il ne sera porté aucun
changement.
[78] Acquitte-toi de la salât du déclin du soleil jusqu’à la tombée de la
nuit, sans oublier de réciter une partie du Coran à l’aube, car la récitation
du Coran à l’aube ne se passe jamais sans témoins. [79] Et de la nuit
consacre une partie à des prières surérogatoires, car ton Seigneur, en te
ressuscitant, t’accorde un rang digne de louange.
[80] Dis : « Seigneur ! Fais que j’entame ma mission en homme véridique
et que je l’achève en homme véridique ! Accorde-moi Ton appui et viens
à mon secours ! » [81] Dis encore : « Voici que la Vérité est venue et que
l’erreur a disparu ! » Certes, l’erreur est vouée à disparaître. [82] Ce Coran
que Nous révélons et qui apporte aux croyants guérison et miséricorde ne
fait, en réalité, qu’aggraver la ruine des méchants. [83] Quand Nous
accordons quelques bienfaits à l’homme, il se détourne et s’éloigne de
Nous ; mais quand un malheur l’effleure, il se laisse gagner par le
désespoir.
[84] Dis : « Chacun agit à sa manière ; mais votre Seigneur connaît
parfaitement celui qui suit le meilleur chemin. » [85] Ils t’interrogent sur
l’âme. Dis-leur : « L’âme relève de l’ordre exclusif de mon Seigneur et, en
fait de science, vous n’avez reçu que bien peu de chose. » [86] Si Nous le
voulions, Nous retirerions tout ce que Nous t’avons révélé, et tu ne
trouverais alors personne pour te défendre contre Nous, [87] excepté la
grâce même de ton Seigneur, car Sa grâce à ton égard n’a point de limite.
[88] Dis-leur : « Si les hommes et les djinns se concertaient pour produire
quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient y parvenir, même
s’ils se prêtaient mutuellement assistance. » [89] Nous avons proposé aux
hommes, dans ce Coran, toutes sortes d’exemples ; mais la plupart des
hommes refusent de se départir de leur impiété. [90] Ils disent : « Nous ne
croirons pas en toi, à moins que tu ne fasses jaillir pour nous une source
du sol ; [91] ou que tu n’aies un jardin de palmiers et de vignes, entre
lesquels tu feras couler des ruisseaux en abondance ; [92] ou que tu ne
fasses tomber sur nous, comme tu le prétends, des fragments du ciel ; ou
que tu n’amènes devant nous Dieu et les anges ; [93] ou encore que tu
n’aies une maison ornée de dorures ; ou que tu n’escalades le ciel. Et
encore nous ne croirons à ton escalade que si tu nous en ramènes un livre
que nous puissions tous lire. » Réponds-leur : « Gloire à mon Seigneur !
Suis-je donc autre chose qu’un être humain envoyé comme Prophète ? »
[94] Rien n’empêche les hommes de croire quand la bonne voie leur est
indiquée, si ce n’est cette question qu’ils posent : « Comment Dieu peut-Il
envoyer un simple mortel comme Messager ? » [95] Dis-leur : « Si les
anges vivaient en permanence sur la Terre, c’est un ange que Nous leur
aurions envoyé comme messager. » [96] Dis-leur : « Dieu me suffira
comme Témoin entre vous et moi, car Il a une claire vision de Ses
créatures et Il en est parfaitement Informé. »
[97] Celui que Dieu guide, c’est celui-là qui est le mieux guidé. Mais ceux
qu’Il égare, tu ne leur trouveras point d’alliés en dehors de Lui. Au Jour
de la Résurrection, Nous les rassemblerons tous, face contre terre,
aveugles, sourds et muets. Et leur refuge sera la Géhenne, dont Nous
rallumerons la flamme chaque fois qu’elle tendra à s’éteindre. [98] Telle
sera leur sanction pour avoir renié Nos preuves en disant : « Est-ce
possible qu’une fois réduits en ossements et en poussière nous puissions
être rappelés une nouvelle fois à la vie ? »
[99] Quoi ! Ne pensent-ils pas que Dieu qui a créé les Cieux et la Terre
soit aussi capable de créer des êtres semblables à eux ? Il leur a fixé un
terme indubitable, mais les injustes s’obstinent dans leur négation.
[100] Dis-leur : « Dussiez-vous posséder les trésors de la miséricorde de
mon Seigneur que vous lésineriez encore de peur d’en faire dépense tant
l’avarice fait partie intégrante de l’homme ! »
[101] Nous avons accordé à Moïse neuf prodiges évidents. Interroge à ce
sujet les fils d’Israël lorsque Moïse se présenta à eux et que Pharaon lui
dit : « J’estime, Moïse, que tu es sous l’effet d’un ensorcellement ! »
[102] – « Tu sais bien, répondit Moïse, que des preuves aussi évidentes ne
peuvent émaner que du Seigneur des Cieux et de la Terre. J’estime, ô
Pharaon, que tu es totalement perdu. » [103] Pharaon voulut les expulser
du pays. Mais Nous l’engloutîmes, lui et les siens, jusqu’au dernier.
[104] Et après lui, Nous dîmes aux fils d’Israël : « Habitez la terre ; et
lorsque s’accomplira la promesse de la vie future, Nous vous ferons
revenir en foule. »
[105] C’est en toute vérité que ce Coran est révélé et il est l’expression
même de la Vérité. Quant à toi Prophète, c’est pour annoncer la bonne
nouvelle et avertir que tu as été envoyé. [106] C’est un Coran que Nous
avons révélé fragment par fragment, afin que tu le récites lentement aux
gens. C’est pour cela que Nous l’avons fait descendre graduellement.
[107] Dis-leur : « Croyez-y ou n’y croyez pas ! Ceux qui ont reçu la
science avant sa révélation tombent prosternés sur la face lorsqu’on leur
en donne lecture, [108] et disent : “Gloire à Notre Seigneur ! La promesse
de Notre Seigneur se réalise toujours.” » [109] Et ils tombent sur la face
en pleurant, et cela ne fait qu’accroître leur humilité.
[110] Dis-leur : « Appelez-Le “Dieu” dans vos prières ou appelez-Le “le
Miséricordieux”. Sous quelque nom que vous L’invoquiez, les plus beaux
noms sont toujours les Siens ! » N’élève pas trop la voix dans la salât et ne
l’effectue pas non plus à voix basse. Mais entre les deux, adopte le juste
milieu, [111] et dis : « Louange à Dieu qui ne S’est jamais donné de
progéniture, qui n’a point d’associé dans la Royauté, qui n’a jamais eu
besoin de protecteur contre la moindre vilenie ! » Proclame donc
hautement Sa grandeur !